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jeudi 10 février 2011

Les Vaccins (2) BCG, Rotavirus, Haemophilus,Pneumocoque, méningocoque, Varicelle, Hépatite B, Papillomavirus

 Après le chapitre des vaccins les plus courants, j'aborde ici le cas des vaccins sujets à discussion. C'est parfois si complexe que j'ai dû faire des choix et rester simple voire simpliste.

La tuberculose et le BCG   
Le Rotavirus
L'Haemophilus
Le pneumocoque
Le méningocoque
La varicelle
L'hépatite B
La grippe
Les papillomavirus

Poster about tuberculosis in children and methods of transmission, showing a child wearing a bib. [New York] : WPA Federal Art Project, District 4, [between 1936 and 1941].

Source: Library of Congress, LC-USZC2-5369


On ne rigolait pas trop!


La tuberculose et le vaccin antituberculeux: le BCG 
BCG signifie « Bacille de Calmette et Guérin » du nom des découvreurs de ce vaccin.
Il protège « plus ou moins » contre la tuberculose, mais il n'y a rien d'autre.

Histoire :

La tuberculose est due au Bacille de Koch dont le réservoir est l’homme mais aussi les bovins et certains oiseaux notamment les pigeons si nombreux dans nos villes
Le bacille de la tuberculose existait il y a trois millions d'années, La souche originelle serait apparue en Afrique de l'Est, considérée comme le berceau de l'Humanité. La maladie serait donc aussi vieille que l'Humanité et son expansion à travers le monde serait intimement liée à celle de l'homme. Ce serait l'homme qui aurait transmis la maladie à ses animaux domestiques ou commensaux et non l'inverse.
Le complexe tuberculosis serait constitué de deux lignées évolutives différentes, la première n'infectant que l'Homo sapiens, la seconde qui serait d'origine animale pouvant aussi infecter l'être humain, mais affectant surtout d'autres mammifères (bovins, caprins, rongeurs…) et certains oiseaux.

La Tuberculose était une maladie fréquente et très grave au XIX ème et à la première moitié du XX ème siècle. Elle reste encore préoccupante dans les pays émergents (Vietnam, Inde, Afrique).   En Russie mais aussi aux USA chez les populations noires et pauvres du New Jersey sont apparues des souches de bacilles résistant à presque tous les antibiotiques. Avec les mouvements de populations et bien que les pauvres voyagent moins que les riches, il est probable que ces bacilles diffuseront à l’ensemble de la planète. Les microbes ne connaissent pas les frontières.



L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estime que le nombre total de nouveaux cas de tuberculose est resté stable en 2007 et que le pourcentage des nouveaux malades dans la population mondiale a légèrement baissé, comme il le fait régulièrement depuis 2004. Elle évalue à 9,27 millions le nombre de cas de tuberculose en 2007 (contre 9,24 millions en 2006). La plupart se trouve en Asie (55 %) et en Afrique (31 %). À elle seule, l'Inde compte 2 millions de personnes atteintes.
Le vaccin autrefois simple à faire avec une bague est devenu difficile à réaliser car l’injection doit être strictement intradermique et donc douloureuse alors que la réussite qui limite les réactions locales nécessite un enfant strictement immobile. De plus ce vaccin comme le précédent ne protège que la moitié des gens vaccinés.

                   Injection intradermique: la petite bulle est une cloque qui se trouve dans l'épaisseur de la peau

En France, la vaccination est recommandée dans les régions riches en migrants et chez les enfants issus de pays à risque et/ou susceptibles de s’y rendre.
Dans les pays d'endémie, c'est un bon moyen, même s'il est imparfait, de limiter les infections. Le traitement est très long, coûteux, sans parler des formes résistantes.

L'augmentation de la misère, la survenue de souches multi-résistantes conduira sans doute à une révision des conseils de vaccination. Des recherches sont en cours pour développer un vaccin plus efficace.

Le Rotavirus :

est responsable de violentes gastroentérites parfois accompagnées de déshydratation pouvant entrainer la mort. On estime à 15 ou 20 le nombre de morts par an en France. Le traitement précoce de ces états par la réhydratation orale et l’alimentation adaptée permet la guérison en 3 à 4 jours. Cependant il faut être extrêmement vigilant, se lever la nuit pour surveiller l’enfant et lui proposer à boire. Il existe deux vaccins oraux efficaces. L’un fabriqué par GSK a été retiré du commerce car il était contaminé par un fragment d’ADN de Circovirus porcin (PCV). A 50 €  ou plus,  la dose,  non remboursée, cela plombe sérieusement l’ambiance d’autant qu’il en faut 3.

PLUS:
En 2014 Une publication américaine fait état de 267 cas certains d'invagination intestinale aiguë essentiellement dans les 20 jours suivant la première dose de vaccin
En 2015 une publication française a fait état d'une quinzaine de cas d'invagination intestinale chez des tous petits dont un mort. Ceci devrait calmer les vaccinateurs à tout crin.
Le diagnostic  est très difficile surtout chez les tout-petits qui pleurent  et régurgitent ou vomissent  souvent. Or ce sont les pleurs et les vomissements(plus tardifs) qui orientent vers ce diagnostic.


L'Haemophilus:

Le responsable est une bactérie du groupe  Pasteurellaceae (tout comme le bacille de la peste).  C'est le docteur Robert Pfeiffer qui a été le premier à les décrire en 1892 pendant la pandémie de grippe (= influenza). On a longtemps cru qu'il était le responsable de la grippe, jusqu'à ce que l'on mette en évidence en 1933 l'origine virale de la grippe.
 La forme capsulée peut être responsable d'otites, de méningites, survenant presque exclusivement chez les enfants jusqu'à l'âge de six ans, de l'épiglottite aiguë qui peut entraîner la mort par asphyxie et qui se voit aussi chez les enfants (dans ce cas, ne pas coucher un petit enfant qui respire mal et reste spontanément assis : cela peut faire basculer son épiglotte et l'étouffer), de septicémies, de pneumonies .

Un peu d’Histoire : deux cas survenus avant l’existence du vaccin :
Jeanne est une petite fille de 9 mois, en pleine santé. Elle devient grognon avec une fièvre à 38° et le nez qui coule. Son pédiatre la soigne. Deux jours plus tard, elle revoit le pédiatre qui trouve les tympans un peu infiltrés et la met sous antibiotiques. Le lendemain, elle est toujours grognon avec 38,5 ° de température. La mère consulte à nouveau. Le pédiatre trouve la fontanelle douteuse, légèrement bombante. Il fait hospitaliser l’enfant. La ponction lombaire faite immédiatement confirme le diagnostic de méningite purulente. Le traitement antibiotique intraveineux est mis en route pour 10 jours. Bien que la fièvre persiste durant 6 jours, (avec ce germe, c'est habituel mais angoissant) l’enfant guérit sans séquelles.
Question : Cette enfant avait-elle une méningite dès le début, ou la méningite s’est elle installée à la faveur de l’otite? On ne peut pas répondre mais cette histoire qui se termine bien fait froid dans le dos.

Julien est âgé de 18 mois. Il a une température de 38 ,5 °, est irritable, mange mal. L’examen ne retrouve rien de plus mais l’impression est mauvaise. Une ponction lombaire est pratiquée qui permet le diagnostic de méningite purulente. Compte tenu des signes peu marqués, l’Haemophilus parait être la cause la plus probable. Ce qui sera confirmé par la culture. Sans attendre le résultat, l’enfant est traité, comme d’habitude. Après trois jours, la fièvre chute et l’enfant va mieux. Il guérit de sa méningite mais au 9ème jour apparaît une tuméfaction du pied qui se révèlera être une ostéite. C’est une complication tout à fait inhabituelle. Les antibiotiques, modifiés, sont repris et l’enfant guérit.

Ces méningites sont très sournoises, comme un bon gros rhume, qui évolue mal et finalement détruit le cerveau. De plus, même lorsque le diagnostic est précoce, la fièvre peut persister une dizaine de jours sous antibiotiques, et ce malgré une évolution favorable. Dans 20 à 30 % des cas survient une surdité sévère ou une hydrocéphalie, redoutables complications.

Le vaccin a fait disparaître cette affection.
J’ai vécu sa découverte et son utilisation initiale. En France, les premiers tests à grande échelle sont faits dans le département du Val de Marne (94) dans les années 1990 où l’on dénombre une dizaine de cas par an. Tous les petits enfants sont vaccinés et surprise, aucun cas ne survient l’année suivante. Le vaccin est donc rapidement adopté. Il est un peu douloureux, fait en même temps que le Tétracoq (R) en deux injections séparées, et très rapidement il apparait que l'on peut mélanger les deux vaccins dans la même seringue. De plus le mélange est moins douloureux que chaque vaccin séparément.Un vrai bonheur!

L’utilisation du vaccin se généralise rapidement et il est intégré au « Tetracoq » qui devient le « Pentacoq » maintenant remplacé par le « Pentavac »

Après 20 ans, il n'y pas de zone d'ombre pour ce vaccin. C'est un bon vaccin, me semble-t-il. D'ailleurs le consensus est tel que les parents vaccinent leurs enfants sans discuter.


Le pneumocoque :

 Le germe est responsable d'un peu plus de 10% de la mortalité de l'enfant de moins de 5 ans, essentiellement dans les pays du tiers-monde, ce qui constitue un problème majeur de santé publique.

                                                Pneumonie de la base droite

Le pneumocoque est la bactérie responsable de la pneumonie franche lobaire aiguë, maladie le plus souvent brutale très fébrile et autrefois sensible à tous les antibiotiques, mais ce n’est plus le cas. Le pneumocoque est aussi responsable d’otites et surtout de méningites chez les enfants de moins de 5 ans. Il existe environ 80 types de pneumocoques.
Ce microbe est devenu au fil des ans résistant à de nombreux antibiotiques.

Le premier vaccin était dirigé contre les 7 souches les plus dangereuses et le second inclut 13 souches.
Il est bien supporté, donnant peu de réactions fébriles (38 ° parfois) Son seul inconvénient est qu’il est douloureux au moment de l’injection. Les enfants crient pendant 10 ou 15 secondes puis se calment aussitôt.

Ce vaccin a un grande efficacité sur les souches qu'il vise. Ces souches sont malheureusement assez vite remplacées par d'autres.


Comme on peut le voir, la baisse de l’incidence des infections invasives à pneumocoque (souches vaccinales en bleu) a été limitée par un phénomène nouveau mais prévisible, le remplacement des sérotypes vaccinaux (en violet). La réduction globale des infections a été de ce fait limitée.



deux réservess : l'efficacité du vaccin s'atténue dans le temps car les bactéries se remplacent. Ce vaccin fait partie de la liste des 59 médicaments sous haute surveillance sans doute car c'est un vaccin récent.

Même si ces méningites ne sont pas extrêmement fréquentes, leur gravité est telle qu’il faut y réfléchir à deux fois avant de renoncer à cette protection.

PS : il existe un vaccin « Pneumo 23 » utilisé surtout chez l’adulte mais dont la répétition entraine des réactions désagréables.

Le méningocoque :

Ici c’est déjà un peu plus compliqué.

Le méningocoque C est une bactérie  responsable d’infections sévères et appartenant à différents types :
En France : B (60% des cas) ,C (26% des cas), plus rarement de type A, Y (dans 3% des cas) ou W135 (6% des cas), surtout durant l'enfance et la grande adolescence.


     Graphique montrant le nombre de cas pour 100 000 habitants avant la vaccination

 Le méningocoque A  peu fréquent en Europe donne des épidémies de méningites dans les pays chauds (Amérique du Sud et autres pays intertropicaux souvent pauvres). Il existe un vaccin ancien bien toléré.

Le méningocoque B maintenant le plus fréquent en Europe. L’hiver, il colonise notre nez. On estime qu’une personne sur quatre est porteuse de ce microbe. La contamination se fait entre les personnes dans les milieux bien chauffés : habitation, crèche, école, salle de spectacle. Il est très sensible au froid qui le détruit en quelques secondes quand la température est proche de 0°. C’est ainsi qu’en aérant, on diminue grandement la concentration de ce microbe. Une personne sur 100 à 200 000 fera une infection, méningite ou septicémie. La maladie se rencontre à tous les âges mais avec un peu plus de cas de 0 à 5 ans et entre 15 et 20 ans, peut être en raison de la fréquentation des crèches et des grands amphithéâtres.

Un nouveau vaccin est en cours de commercialisation. Les premiers vaccins ont été des échecs et n’ont pas atteint le stade d’étude sur l’Homme car il existe une ressemblance entre l’antigène utilisé et la myéline qui entraine des complications neurologiques. On nous dit que le nouveau vaccin est sûr mais l’apparition des phénomènes neurologiques est parfois très lente. Il faudra sans doute du recul et une grande prudence avant la vaccination généralisée. Ceci est d’autant plus gênant que ces méningites sont parfois foudroyantes.

Le méningocoque C ressemble beaucoup au B, même habitat, même virulence. Pour lui, on dispose d’un vaccin efficace 5 à 10 ans.
Deux réserves sur ce vaccin : 1. Il est peu utilisé aux Etats-Unis  2. Certains experts pensent que si ce vaccin est employé à grande échelle, le méningocoque C sera remplacé par le B ou les autres et donc on n'aura rien gagné.

                  Infections à méningocoques en France: C diminue mais B augmente: Effet des vases communicants

Le méningocoque W est responsable de petites épidémies en Arabie Saoudite notamment à la Mecque où se concentrent de nombreuses personnes qui parfois, sans être malades sont simplement colonisées et ramènent le microbe au retour du pèlerinage. Actuellement la vaccination contre cette souche est obligatoire pour ceux  qui partent là-bas. Le vaccin combiné ACWY est disponible en Pharmacie en France

Pour résumer à propos du vaccin anti méningocoque C :
Le vaccin parait sûr et efficace. Il existe des réserves sur son intérêt à long terme. Je suis dans l’impossibilité de trancher. C’est donc aux parents qu’il revient de décider, en fonction de leurs craintes, de leur désir d’être très protégés.

PS: Il existe un vaccin plus ancien « C+A » assez peu  utilisé maintenant. il est efficace trois ans.


La Varicelle : un vaccin peu utile sauf chez de très rares personnes.

La varicelle est due à un virus du groupe Zooster Virus qui comporte notamment le virus de l’herpès, de la varicelle et zona (c’est le même) ces virus ont dans leur génome un outil spécifique pour leur replication : l’enzyme appelée Thymidine Kinase Cette enzyme peut être inactivée par un traitement antiviral qui bloque donc la fabrication du virus et entraine une guérison rapide de la maladie. Cela a transformé l’évolution de l'herpès en particulier les primo infections qui chez l’enfant obligeaient parfois à l’hospitalisation. Ce médicament, très efficace aussi pour la varicelle, lorsqu’il est employé tôt  n’est pas admis en France pour cette indication.

La maladie entraine un protection définitive.

Il existe un vaccin donc depuis une dizaine d’années. On sait depuis longtemps que dans les 10  ans suivant la vaccination 30% des sujets vaccinés ont la varicelle. J’imagine ce qu’il advient après 20 ans. J’en déduis que le vaccin est le meilleur moyen de retarder jusqu’à l’âge adulte la survenue de la varicelle!

A mon avis:
En cas de varicelle, il faut faire des réunions d’enfants pour que tous l'attrapent, ou laisser les enfants en crèche ou à l’école.  Ecarter cependant les sujets à risque (eczéma généralisé en poussée, immunodéprimés, traitement oral par les corticoïdes  et de rares autres).  On fait malheureusement le contraire car il existe des rumeurs qui disent n’importe quoi. Par ailleurs, les parents, raisonnables, souhaiteraient bien sûr que leurs enfants attrapent la varicelle ...  (mais plus tard car aujourd’hui, ça tombe mal) !


L’hépatite B :
est une maladie virale due à une infection par le virus de l'hépatite B (VHB) et entrainant une inflammation du foie. Cet agent infectieux strictement humain très solide(!) survit 8 jours à l’air libre (contre 20 min pour le VIH et 10 ans pour le bacille tétanique).

                                         L'hépatite  chronique B dans le Monde

 En France on observe que 6% des gens ont eu un hépatite B et 0,65 % ont une forme chronique soit environ 300 000 personnes

Les symptômes de la maladie aiguë sont essentiellement une inflammation du foie, avec ou sans ictère et des troubles digestifs avec nausées et vomissements. A ce stade, l’évolution est souvent bénigne même si l’hépatite B est la forme la plus grave des hépatites virales. Il existe, rarement, des formes fulminantes à évolution mortelle en quelques jours. L'infection passe parfois inaperçue. Dans près d'un cas sur dix, l'hépatite B aiguë visible ou invisible, ne guérit pas et devient une infection chronique. Le porteur chronique n'a pas de symptôme apparent mais est susceptible de contaminer son entourage. En cas d'hépatite chronique active, les symptômes peuvent être une fièvre modérée, une grande fatigue, des troubles digestifs (nausées, vomissements, douleurs abdominales), une jaunisse, des urines foncées ou des selles décolorées.

La gravité potentielle de l’hépatite B est lié au risque d’évolution vers une hépatite chronique qui peut se compliquer d’une cirrhose du foie et d’un cancer du foie , une maladie mortelle avec un taux de réponse très faible aux traitements.
D’autres virus  (Hépatite  A, C, Ebstein Barr) donnent des hépatites. Certains toxiques en particulier l’alcool peuvent donner une cirrhose et un cancer du foie.

Le vaccin est très efficace : 2 injections à un mois d’intervalle et un rappel un an plus tard donnent à l’enfant et sans doute à l’adulte une immunité puissante et définitive. A la fin des années 90, une polémique s’est développée sur les relations entre le vaccin et la sclérose en plaque. De nombreuses études ont montré qu’il n’y avait pas de rapport.
Cependant comme la sclérose en plaque est exceptionnelle avant 15 ans, autant se vacciner avant et pourquoi pas durant la petite enfance puisqu’il n’y a pas de rappel et que les adolescents ne fréquentent guère les médecins .

Donc faites vacciner vos enfants contre l’hépatite B au moment qui vous convient.


La Grippe et son vaccin.
Il a déjà fait l’objet de longs débats sur ce site. Il est utile chez les sujets à risque.

Les papillomavirus responsables du cancer de l’utérus.


Le vaccin développé a d’emblée été présenté comme pouvant faire disparaître 80 % des cancers de l’utérus.
L’efficacité ne sera pas connue avant une quinzaine d’années.
Les risques de ces vaccins sont probablement faibles, mais à l'étude et sujets à polémiques.
Les papillomavirus en question sont surtout fréquents en Afrique.

 Carte de la répartition des cancer du col de l'utérus publiée en aout 2008 par le New York Times

Le bénéfice lié à la vaccination, très discuté, parait faible en Europe.
La durée de l’immunisation n’est pas connue.
Une réserve de plus: ce vaccin fait partie de la liste des 59 médicaments sous haute surveillance.

Il y a trop de polémiques d’opacité, de conflits d’intérêts autour de ce vaccin et de certains fabricants. Pour le moment, j’indique que ce vaccin existe et je ne le fais qu’aux enthousiastes.


Le 21/7/2011: papillomavirus suite

La polémique prend de l'ampleur: des plaintes ont été déposées en France  et dans plusieurs pays pour de effets secondaires graves et les discussion sur la réelle efficacité et sur les conditions d'obtention si rapide du remboursement  se multiplient. (" Le Monde" du 12 Juillet 2011)

Dans une lettre adressée le 2 juillet à M. Bertrand, un collectif de médecins de l'île de la Réunion, emmené par Philippe de Chazournes, se montre par ailleurs « très préoccupés par les campagnes de vaccination «contre le cancer du col de l'utérus», essentiellement basées sur une peur injustifiée ».
« Le cancer du col est-il vraiment un problème de santé publique en France au sens où l'entendent les épidémiologistes ? La question mérite d'être posée, car en réalité, on assiste depuis 1980 à une baisse régulière du nombre de nouveaux cas et de la mortalité liée à cette affection. Or, la seule et unique mesure de prévention associée à cette baisse régulière est le dépistage régulier par un frottis cervico-utérin », fait-il remarquer. Le ministère assure, lui, « qu'il n'y a pas de polémique. Le cancer du col de l'utérus est le quinzième cancer féminin par le nombre de décès, c'est donc un sujet sur lequel on doit être attentif ».
Les mêmes doutes sur l'intérêt d'un vaccin par rapport au frottis avaient été soulevés par Antoine Spire, directeur du département de recherche des sciences humaines de l'Institut national du cancer (INCa) au moment où le laboratoire est venu présenter son produit. Le Gardasil n'agit que sur deux types de cancer du col, le HPV (papillomavirus humains) 16 et 18, certes parmi les plus virulents, et deux autres types, les 6 et 11, responsables du développement des verrues génitales. Les spécialistes dénombrent au total 40 types différents de HPV..

Interrogé, le laboratoire renvoie à la conférence de presse organisée mi-juin au cours de laquelle il répondait aux doutes sur l'efficacité du produit, rappelait « l'urgence de vacciner toutes nos filles avec les trois doses avant 15 ans », et jugeait évident, que si l'on souhaitait « une vraie politique de santé publique », il faudrait étendre la vaccination « aux garçons ».
Citation du journal Le Monde"    Pardi, mais c'est bien sûr !

Le 14/04/2014:
la polémique s'amplifie selon le journal Le Monde. Une pétition a déjà reçu la signature de 630 médecins et 270 sages-femmes. Ce n'est pas la dangerosité du vaccin qui est en cause mais son prix et les doutes sur son efficacité sur la prévention du cancer du col utérin.

Pour ceux qui veulent quand même se vacciner, une publication du "lancet Oncology" indique qu'une injection unique de Cervasix a le même effet que 2 ou 3 sur la présence de papillomavirus. Alors pourquoi multiplier les injections?

Il semble donc prudent d'en savoir plus avant de se faire vacciner.


"Cet article est le fruit d'une longue gestation, d'un accouchement très médicalisé mais le Dr Gamin se porte bien. Le bébé parait assez sain et les vaccins lui faciliteront la vie. Seul trois sont obligatoires mais d'autres sont fort utiles. Merci à ceux qui me lisent, même en diagonale!"


Références:
Tuberculose :
Eva Nathanson, M.Sc., Paul Nunn, F.R.C.P., et collMDR Tuberculosis Critical Steps for Prevention and Control  N Engl J Med 2010; 363:1050-1058 September 9, 2010
Les mycobactéries
Pneumocoque:
Agnès Lepoutre1, Emmanuelle Varon2, Scarlett Georges1, Laurent Gutmann2, Daniel Lévy-Bruhl1 et les microbiologistes du réseau Epibac et du réseau des Observatoires régionaux du pneumocoque.

Méningocoque: Bulletin épidémiologique de l'Institut de veille sanitaire

Rotavirus 
Intussusception Risk after Rotavirus Vaccination in U.S. Infants  
N Engl J Med 2014; 370:503-512February 6, 2014

Papillomavirus: en lien dans le texte


                                 modifié le13/06/2015

        
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mercredi 20 janvier 2010

Diarrhée aiguë : Gastro-entérite. Signes, diagnostic, causes, traitement

La diarrhée aiguë ou gastro-entérite plus communément appelée « gastro » est une situation courante et à risque. Dans le monde elle est responsable d’une importante mortalité, particulièrement dans les pays pauvres et dans les zones surpeuplées où de plus les conditions sanitaires sont moins bonnes.
 Elle se définit par une augmentation du volume quotidien des selles, le plus souvent liée à une augmentation des secrétions digestives. Elle doit être distinguée des selles liquides isolées,  le plus souvent dues au « stress », ce qui n’a rien d’anormal, situation qui a donné libre cours à des expressions langagières  du genre «  c’est la m… » qui nous échappent lorsqu’on est contrarié et que la décence m’oblige à ne pas développer ici. Ce n’est pas un cours de linguistique !
L'enfant nourri au sein a des selles liquides et c'est normal.

C'est une insuffisance intestinale aiguë partielle

Signes :

La diarrhée aiguë se traduit par des selles, le plus souvent liquides ou pâteuses. Les vomissements sont inconstants parfois au premier plan lorsque la partie haute de l’intestin est malade. Les douleurs abdominales sont courantes. Elles peuvent être liées à l’irritation des intestins ou à des contractures des muscles abdominaux en cas de vomissements importants. La fièvre est le plus souvent inconstante, rarement au premier plan.

En pratique, on peut classer les situations de plusieurs manières ce qui aide pour évaluer les risques et choisir le traitement :


Les formes  hautes avec surtout des vomissements. La diarrhée est parfois retardée de quelques heures. L’atteinte concerne surtout l’intestin grêle. L’origine est le plus souvent virale.

Les formes basses volontiers fébriles avec peu de vomissements, des selles fréquentes et peu abondantes souvent pâteuses parfois glaireuses, moussantes. L’atteinte concerne surtout le colon. L’origine est parfois bactérienne (salmonelles, yersinia, clostridium D. …) et réalise alors un tableau appelé syndrome dysentérique avec nombreuses selles glaireuses parfois sanglantes, de la fièvre, des douleurs abdominales et des faux besoins. Ce qui rappelle les crises de dysenterie amibienne des « coloniaux ».

Les formes mixtes les plus fréquentes par atteinte prédominante du grêle moyen sont des diarrhées aqueuses parfois très abondantes. L’exemple type est le choléra avec 8 litres de selles par jour, ou le Rotavirus. Ce sont ces formes qui exposent aux déshydratations si redoutées.


Que fait le pédiatre avec tout cela ?


1. Il évalue la gravité de la situation
. Y a-t-il déshydratation ou menace ? On tient compte des ces signes : diarrhée, vomissements, alimentation, fièvre, état de l’enfant, poids, durée d’évolution.

Diarrhée : plus que le nombre de selles c’est le volume qu’on estime. Les diarrhées aqueuses sont plus abondantes.

Vomissements : il faut toujours se méfier d’une autre cause de vomissements; l’appendicite est la plus rare, l’invagination intestinale aiguë est la plus difficile à déceler . Je passe sur les hernies étranglées ou la torsion du testicule, les angines, les méningites et le reste qui sont plus faciles à éliminer du moment qu’on y pense.

Alimentation : L’intolérance alimentaire accroit le risque d’une mauvaise évolution.

Fièvre : La fièvre accroit les pertes d’eau par transpiration, la déshydratation accroit la gravité de la fièvre.

Trio infernal
 : diarrhée + vomissements + fièvre doivent faire envisager une hospitalisation.

Durée d’évolution : Une diarrhée aiguë est par définition brève. Son risque majeur est la déshydratation d’autant plus important que l’installation est brutale. Au-delà de 5 à 7 jours ce n’est plus une diarrhée aiguë et le risque majeur devient la dénutrition . C’est une autre affaire.

Etat de l’enfant : signes de déshydratation : mauvaise mine,  yeux creux, fontanelle déprimée, bouche sèche, persistance du pli cutané, fièvre, perte de poids, mode évolutif ? Certains sont faciles à évaluer d’autres moins :

- la perte de poids
 : cela parait simple mais c’est en pratique rarement déterminant, car on ne dispose pas toujours d’un poids récent et de plus dans les diarrhées très aiguës, l’eau peut se trouver encore dans les intestins et malgré une déshydratation réelle le poids reste un moment stable.


2. Il évalue  le risque de diffusion de l’infection en cas de diarrhée supposée bactérienne :
C’est heureusement une situation peu courante : la diarrhée est le plus souvent bactérienne lorsqu’elle est glaireuse ou sanglante, douloureuse et  fébrile mais rien n’est constant. Les analyses des selles renseignent très peu et leur résultat n’arrive souvent qu’après la guérison. L’âge de l’enfant et la survenue en dehors d’un contexte épidémique hivernal sont des facteurs importants. Le risque de diffusion de l’infection intestinale est maximum avant un an.

Avec quoi peut-on confondre une gastro-entérite ?

Les vomissements se voient aussi dans les angines, les bronchites, les méningites, l’invagination intestinale aiguë (la hantise des pédiatres), l’appendicite, les occlusions et même la torsion du testicule.

La diarrhée pose moins de problèmes. La seule question parfois est: " s’agit-il d’une forme aiguë ou chronique ?"



Causes des gastroentérites aiguës :


En cas d’épidémie ce sont des virus : essentiellement le Rotavirus chez l’enfant.


                                          Rotavirus (comme une petite roue)

Norovirus (Virus de Norwalk) qui entraine beaucoup de vomissements, et des tas d’autres (Echovirus, Parvovirus, Astrovirus ), tous insensibles aux antibiotiques. On ne les recherche pas.

Les formes plus isolées doivent faire envisager une origine bactérienne parfois à l’occasion d’une intoxication alimentaire (salmonelles, shigelles, yersinias,  campylobacter, colibacilles, staphylocoques)
Clostridium Difficile a défrayé la chronique car il s’est répandu dans certains hôpitaux. Il donne des diarrhées essentiellement après la prise d’antibiotiques. Il a également la fâcheuse propriété de pouvoir se développer dans les gouttelettes d’eau dans les sacs des aliments, même au congélateur.

Les parasites sont plus rares. En France, on rencontre parfois Gardia lamblia lors des formes récidivantes.

Complications :
Le principal risque est la déshydratation. Au delà de 5 à 7 % de perte de poids, elle menace la vie, d’où la nécessité d’une grande vigilance de la part des médecins et des parents.

Les autres complications sont plus rares et affaire de cas particuliers.

.

Traitement des gastro-entérites : la gastroentérite étant une insuffisance aiguë partielle, il faut utiliser les capacités restantes, et stimuler les mécanismes d'absorption qui sont le plus souvent intacts.

Réhydrater et nourrir :

Réhydrater : autrefois c’était la bonne vieille soupe de carottes ou l’eau de riz un peu salées,  maintenant ce sont les solutions de réhydratation (SRO) à volonté par petites quantités. Boire ces solutions réhydrate et diminue la diarrhée. Hydrater est l’objectif principal des formes un peu sévères durant les 24 voire 48 premières heures. Les enfants qui vomissent sans arrêt et s’aggravent doivent parfois être réhydratés par perfusion.


Nourrir : c’est indispensable pour permettre la cicatrisation de l’intestin et éviter la malnutrition. Trois pistes :
1. fractionner l’alimentation en petits repas.
2. proposer des aliments faciles à digérer c'est-à-dire très cuits et mixés. Utiliser des yaourts, naturellement pauvres en lactose. Ne pas forcer l’enfant.
Pour les nourrissons qui ont un régime non diversifié, il me semble prudent d’utiliser un lait sans lactose communément  appelé « lait de régime ». Ce point est maintenant discuté mais l’intolérance au lactose n’a pas disparue et elle est parfois importante.
3. Les enfants nourris au sein doivent continuer à être allaités ce qui est le meilleur pour eux.

Les médicaments sont tous discutés et sont au second plan, on peut citer :
Les ferments lactiques et pansements,
Les modificateurs du transits souvent plus dangereux qu’utiles,
Les modificateurs de l’absorption digestive.
L’emploi de ces substances me semble plutôt corrélé au marketing des laboratoires ou aux habitudes de chacun.

 Les solutions de réhydratation (SRO) ne sont pas vraiment des médicaments. Elles sont très utiles.

Les Antibiotiques peu recommandés sauf en cas de risque de diffusion infectieuse chez les petits enfants et les malnutris. Le choix est très délicat et assez hasardeux. On est peu aidé par les analyses car les coprocultures mettent parfois 5 jours à « pousser ».

Tout ceci est du ressort du toubib. On ne peut pas faire cela par téléphone.  Soyez cool avec votre médecin : il fait un métier très difficile nécessitant de l’expérience. 


Le Rôle des Parents :
Il est capital car avec les gastro-entérites il faut être particulièrement vigilant : surveiller, réhydrater, nourrir, se lever la nuit, décider d’emmener l’enfant à l’hôpital si la situation se dégrade. Mais globalement, cela se passe bien. Les parents sont très souvent compétents.


Conclusion :
La diarrhée aiguë est une situation fréquente, jamais banale en raison du risque de déshydratation. Il  faut consulter facilement, ce d’autant plus que l’enfant est plus jeune.




Jan Steel L'enfant malade (1660)
Cet enfant a une petite mine, pâle, les yeux enfoncés. Il a peut-être une déshydratation et mériterait, me semble -t-il,  un détour à l'hôpital. Mais en 1660 ...

La gastro-entérite, si fréquente, est une situation à risque, même si l’hospitalisation reste limitée. Elle impose aux parents de se transformer en « soignants » et faire l’ « hôpital à la maison ».


références: 
Thielman NM, Guerrant RL :
--> Acute Infectious Diarrhea -->N Engl J Med 350:38, January 1, 2004 
M. R. Amiera : Important Bacterial Gastrointestinal Pathogens in Children : A Pathogenesis perspective Pediatr Clin N Am 52 (2005) 749_777
Dupont HL:  Bacterial Diarrhea N Engl J Med 361:1560, October 15, 2009  Glass RI, Parashar UD, Estes MK  Norovirus Gastroenteritis  N Engl J Med 361:1776, October 29, 2009 Review Article 


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