jeudi 29 juin 2017

La vaccination obligatoire, une fausse bonne idée pour protéger les enfants


 Rendre 11 vaccins obligatoires, quelle idée totalement bureaucratique !!


Les français sont plutôt bien vaccinés mais allergiques aux obligations . Ils sont faciles à reconnaitre: Ce sont les seuls européens qui traversent en dehors des passages pour piétons ou quand le petit bonhomme est rouge!!
 
Dans plusieurs articles de ce blog, j'ai donné ma position à propos des vaccins.
Je suis plutôt favorable à ces vaccins, avec quelques réserves pour certains d'entre eux, le plus souvent en raison de la difficulté à connaître l'efficacité ou les effets secondaires éventuels.

Actuellement, malgré le retour de maladies qu'on croyait quasiment disparues, un certain nombre de parents ou de communautés de parents deviennent très réticents à faire vacciner leurs enfants.
C'est réticence semble avoir plusieurs causes distinctes :

La toute-puissance des laboratoires pharmaceutiques et leur pouvoir de lobbying: Elle est réelle .
Les conflits d'intérêts entre les experts et les laboratoires :
Ils existent, car un bon expert s'exprime dans les congrès. Les congrès coûtent cher et le soutien des laboratoires est une aide précieuse. Quand l'aide à l'expert s'accompagne de ce qui est appelé "un programme social" pour la famille avec visite de sites touristiques intéressants  et de très bon repas ainsi qu'un logement dans d'excellents hôtels, on pousse peut-être le bouchon  un peu loin !
L'expert doit également coordonner les expertises concernant l'efficacité des vaccins et publier les résultats. L'aide à la publication est naturellement précieuse.
La réalisation d'expertises est extrêmement coûteuse. Elle est donc souvent financée par les laboratoires eux même qui les multiplient et qui peuvent avoir tendance à garder celles qui sont les plus favorables.
Naturellement il n'y a plus de cadeaux depuis 1993 date de la loi Hévin, c'est une évidence !
Pour en terminer avec les experts dont la compétence n'est pas discutée , on remarque qu'ils n'ont pas de contacts directs avec les patients en bonne santé et font eux même très peu de vaccins. Ils ne peuvent donc pas appréhender avec nuance les réticences des parents.

La difficulté à obtenir et à contrôler et recouper (même pour moi) des informations sur l'efficacité et les effets secondaires des vaccins.

En France, pays latin, il existe une réticence vis-à-vis des obligations.
L'épisode de la grippe H1N1 constitue un précédent regrettable d'une gestion extrêmement volontaire d'un épisode grippal extrêmement mineur.

Durant ma longue expérience de pédiatre hospitalier puis libéral, j'ai observé que la plupart des parents extrêmement réservés à l'endroit des vaccins, finissent par les accepter même si ne ce n'est pas toujours avec le sourire.
Le vaccin "diphtérie tétanos poliomyélite" ne pose guère de problèmes : il est rentré dans les mœurs.

Pour les autres vaccins il faut en expliquer l'intérêt, ne pas nier les effets secondaires même s'ils sont rares et expliquer la balance risque/bénéfice.
Il ne faut pas être trop dogmatique à propos des dates de vaccination.
Il ne faut pas vacciner pendant les périodes de forte chaleur ni pendant les vacances (sauf sur demande des parents) car les enfants et les parents veulent en profiter et les médecins sont aussi en vacances.
Il ne faut pas vacciner au décours d'une maladie car cela angoisse les parents.
Il faut informer les enfants du caractère douloureux ou peu douloureux du vaccin.
Il faut vacciner l'enfant informé, le plus souvent dans les bras ou sur les genoux des parents.
En quelque sorte, il faut associer les parents (et l'enfant) à la décision et à la réalisation du vaccin et à sa date.

Moyennant toutes ces précautions et toutes ces informations, ma patientèle est vaccinée contre la plupart des vaccins que l'on voudrait maintenant rendre  obligatoires.

Mes réserves:
Je n'ai pratiquement pas vacciné contre le rotavirus (agent de gastro-entérites épidémiques sévères) car le vaccin coûteux et non remboursé  était responsable de cas d'invaginations intestinales et, qu'en ville, où les médecins sont fréquents et les hôpitaux disponibles, le rapport risque/bénéfice ne me semblait pas évident.

Je n'ai pas non plus vacciné contre le papillomavirus (agent de certains cancers du col de l'utérus), car outre l'opacité qui a entouré sa mise sur le marché extrêmement rapide, de nombreuses polémiques se sont développées quant à son efficacité. Il me semblait urgent d'attendre un peu.

Comment encourager les personnes à se faire vacciner ?

Plusieurs pistes:
La pire: rendre les vaccins obligatoires.

Plus subtile: Taxer les malades non vaccinés,
On pourrait prélever 10 € par jour avec un maximum de 500 € d'hospitalisation pour une rougeole ou une méningite chez un non vacciné. Cependant pour être juste, il faudrait aussi taxer les alcooliques qui ont une cirrhose et aussi les tabagiques qui ont un cancer du poumons Etc... Mais comment va t on gérer le lobby viticole et celui du tabac ?

La meilleure piste: Laisser les médecins encourager les vaccins.

On a déjà vu les effets de l'intervention insistante de l'état à propos du sang contaminé, de l’hormone de croissance, de la grippe H1N1, sans parler du nuage de Tchernobyl et de la gestion de l'iode qui prévient les problèmes thyroïdiens (les pharmaciens ayant interdiction d'en vendre) lors des accidents nucléaires. Je pourrais rajouter le Plomb, l'amiante, le bisphénol A.

Mais les lecteurs vont penser que je suis opposé aux vaccins alors que j'y suis favorable.

Un peu de ménage serait-il utile ?
Jusqu'à une période récente, et qui risque de perdurer, l'information des médecins était au moins en partie faite par des "délégués médicaux", rémunérés par les laboratoires. Leur indépendance était donc sujette à caution.

Beaucoup de publications à caractère médical que les médecins reçoivent souvent gratuitement , sont en grande partie financés par la publicité des laboratoires.

On voie ici que le problème des vaccins n'est que la partie émergée de l'iceberg.

Résumé de mon expérience :
Les réticences des parents sont le plus souvent superficielles et peuvent être levées par une bonne information et une pratique douce.
Rendre les vaccins obligatoires me paraît totalement contre-productif.

La santé des personnes est précieuse mais de l'ordre du privé.
La simple gestion des vaccinations devient un problème vite complexe si on passe de la recommandation à l'obligation.

Parents : Informez-vous, réfléchissez, et faites raisonnablement vacciner vos enfants.

Si vous êtes parvenus jusqu'à ce site vous y trouverez toutes les informations nécessaires avec des références pour discuter avec votre médecin.

 Pour en savoir plus:

 Grippe:
Radioactivité:
 Accident nucléaire au Japon, Radiations, Thyroïde et Iode: Prévention


Mise à jour ;

Le Journal  "le Monde" du 13 juillet 2017 publie l'évolution de la couverture vaccinale en France de 1998 à 2015

L'image n'est pas très bonne mais on voit que malgré les réticences la couverture vaccinale a augmenté. Elle  est suffisante pour 6 vaccins sur 11 et augmentation pour tous.
Au lieu d'affoler les gens qui pensent "11 vaccins au lieu de 3 quelle horreur" alors que leurs enfants sont déjà vaccinés, il vaut mieux rester calme et continuer tranquillement et efficacement comme avant.


                         
                                      Le 26 Juin 2017 Maj le 13/7/2017