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mercredi 7 avril 2010

Le nouveau né : les premiers jours à la maison: tout ce que vous voulez savoir et que vous confirmera sans doute votre pédiatre

Nous prendrons l’ordre chronologique des questions
 

Questions lors de la première consultation:

A. L’allaitement au sein :

1. Comment savoir si mon bébé tète assez ?

      Le seul moyen de savoir est d’observer l’évolution du poids . On l’estime en observant les bonnes joues, les cuisses. Je déconseille l’emploi d’une balance. En cas de souci,  SOS pédiatre est plus efficace, car vous serez rassurés ou SOS pharmacie: pesée avec toujours les mêmes habits. La durée de la tétée est très variable mais les bébés prennent 80 % de leur ration durant les 5 premières minutes. Le reste, c'est de la relation mère-enfant, c'est personnel. La composition du lait varie: au début c'est de l'eau qui désaltère, à la fin c'est de la crème qui nourrit. Pour téter la crème il faut avoir faim et donc patienter un peu avant le repas suivant. Cependant, le nombre de tétées fluctue, si le bébé et la maman vont bien, c’est sans importance.

2. Mon lait est-il nourrissant ?
Cette question revient parfois. La réponse est simple: le lait maternel est toujours excellent. Parfois, si la mère est fatiguée, après une césarienne ou en raison d’une maladie imprévue ou d’un coup de blues, elle peut avoir moins de lait. Alors, le bébé tète plus souvent et la mère se fatigue. Il faut parfois donner quelques biberons de compléments (de lait hypoallergénique).

 3. Mon bébé tète sans arrêt, je craque que faire ?

Dans le ventre de sa maman, le bébé est nourri de façon continue par le cordon (alimentation intraveineuse) qui lui apporte tout ce dont il a besoin. Il a parfois un besoin de téter : il suce son pouce dans le ventre de sa maman !
Quand il est né, il doit faire fonctionner son tube digestif,  c’est tout différent. Les repas sont intermittents. Le bébé doit s’adapter, la maman aussi. De plus, le repas est souvent un moment de plaisir, de relation forte avec la maman. Cependant la digestion dure 2 à 3 heures : c’est donc le temps habituel qu’il faut laisser entre les repas.
Il faut donc négocier assez fermement pour concilier les besoins réels, souvent proches du désir des mères, et l’envie de l’enfant.
Moins il y a de repas, moins il y a de coliques. C’est un petit argument parfois apprécié.
La tendance actuelle est à l’allaitement à la demande, mais certains bébés demandent sans arrêt, ce n’est pas raisonnable ! Et la maman que devient-elle ? Pour s’en sortir, une seule solution : négocier.

4. Mon bébé a la diarrhée:

 Un enfant nourri au sein a des selles liquides dont la fréquence varie de une par tétée à une tous les trois jours. Les selles sont de couleur jaune d'or avec souvent des petits grumeaux rappelant "la moutarde à l'ancienne".
Un bébé peut avoir une diarrhée aiguë: c'est l'augmentation du volume des selles et leur aspect différent qui alertent

5 Combien de temps faut -il allaiter?

Le temps qu'il vous conviendra.Ce peut être 1 seule tétée si on le souhaite ou 6 ans, le record à mon cabinet (ce que je ne conseille pas). Quand on ne sait pas, on peut essayer et arrêter si ça ne va pas. En Europe il n'y a aucun problème, l'eau est propre et les familles peuvent acheter du lait en poudre. Mais ne vous trompez pas, je suis un farouche partisan de l'allaitement au sein, mais seulement quand la mère le souhaite. Dans les pays pauvres, la situation est bien différente et l'allaitement au sein est parfois le principal moyen de survie des bébés et la seule solution économique possible.

 B.L’allaitement au biberon : 

Je l'ai déjà écrit: les marchands de laits font de très bons laits. Il est inefficace et stupide de tenter de convaincre une maman qui ne souhaite pas allaiter

1.Combien de repas et quelle quantité ?. 

Pour un enfant à terme âgé de plus d’une semaine, on peut tabler sur 5 à 7 repas par jour.

La quantité dépend du nombre de repas, de la saison, de la température de la pièce, de la faim de l’enfant surtout. Pour se guider, on peut utiliser la formule suivante ou lire les indications des boites de laits:

Quantité quotidienne de lait = (poids/ 10) + 250 +/- 100 ml mais c’est purement indicatif. C’est comme si on dit que le français moyen chausse du 39 et qu’on ne fabrique que du 39. Ça n’ira pas à tout le monde.

Les enfants légers doivent rattraper et mangent parfois plus.


2. Quel lait choisir ?

Le moins cher est le meilleur: 5 fabricants pour 200 marques.Une nouveauté tous les 15 jours, c’est pire que les couches ! Tout est commerce.  Mais le marketing est très puissant .
Les laits se ressemblent tous . Un lait premier âge de base fait le plus souvent l’affaire. On peut comparer les prix.

Puis-je changer de marque ?
Bien sûr puisqu’ils se ressemblent, à condition de rester dans la même catégorie.

3. Quelle eau pour les biberons ? 
Après trois mois, quand l'enfant met tout à sa bouche,  l’eau du robinet fait parfaitement l'affaire  sauf si on fait de grand travaux dans la rue, ou si vous habitez à proximité d’un grand élevage ( Nitrates) ou dans les Vosges (Sulfate) ou dans une campagne avec des résidences secondaires inoccupées avec des canalisations borgnes.
Avant trois mois, elle est sûrement excellente mais peu de parents sont près à l'utiliser. Si vous devez utiliser une eau en bouteille, prenez une eau faiblement déminéralisée produite dans votre région. Le transport en camion  accroit la pollution de la planète.

4. Biberons : plastique ou verre ?

   Les biberons c’est comme les outils il faut de la qualité. Les grandes marques font l’affaire. Il vaut mieux avoir 1 ou 2 biberons de bonne qualité que 6 médiocres, avec une prise d’air mauvaise.
Le verre est plus lourd, se casse,  mais le plastique vieillit, ou fond dans les casseroles s’il n’y a plus d’eau lors de la stérilisation .En tout cas il faut un bonne marque.
Il n’y a pas de Bisphénol A dans le verre, mais les bonnes marques ont supprimé le Bisphénol du plastique (voir l’étiquetage).

Image wikipedia (Catalogue pharmaceutique Dorvault 1862 - Page 194
Source : Ludogrid 2006)





5. Tétines : Caoutchouc ou silicone ?

          Pour les tétines je préfère le caoutchouc avec des trous plutôt que le silicone à débit variable qui va pour les plus grands. Les tétines en caoutchouc peuvent être ramollies en les faisant bouillir quelques minutes lorsque le repas est trop long.




6. Puis-je préparer les biberons à l’avance? NON

 ou pas plus de 4 heures avant, car cela augmente le risque infectieux et  ne gagne pas beaucoup de temps.


7. Faut-il stériliser les biberons ? OUI :

 La tendance actuelle est de ne plus stériliser. On a oublié que le lait de vache ne demande qu’à s’infecter car l’intestin du petit veau a besoin de beaucoup de microbes pour la rumination. Or le lait en poudre n’est que du lait de vache adroitement bricolé, alors stérilisons les biberons de lait. Après 3 ou 4 mois, lorsque l’enfant porte tout à sa bouche , on peut arrêter, mais il faut rester maniaque.Ceux qui ont la chance d'avoir une machine à laver la vaisselle, peuvent l'utiliser pour laver les biberons. La température atteinte lors du séchage est satisfaisante pour tuer les microbes.


C. Questions en vrac

1. Mon enfant confond le jour et la nuit:

Et pendant la grossesse, dormait-il la nuit ?
Il faut lui laisser un peu de temps. Le rythme jour/nuit se met en place entre 1 à 3 mois.


2.Comment savoir quand mon bébé est malade ?

Le mieux c’est de faire des études de médecine, spécialité pédiatrie. C'est un peu long!
Sinon, il faut apprécier soi-même la situation:
A bien y réfléchir, c’est assez facile. On peut dire « Un enfant n’est pas malade quand il a l’air bien portant » et si on a une inquiétude « SOS Pédiatre, informe et rassure »


Dessin Kate Greenway, tiré de L'homme à le flûte, Hachette 1889


3. Mon bébé n'apprécie pas les lavages de nez.

 Il a parfaitement raison. Je n'ai toujours pas compris pourquoi dans certaines maternités, on montre aux mères la technique du lavage, et essuyage systématique du nez avec un coton finement roulé. Cela fait partie des barbaries totalement inutiles. Les bébés font souvent du bruit en respirant et ces méthodes ne changent rien. Il faut les arrêter. Elle ne sont utiles que si le bébé est franchement enrhumé. De même pour les yeux et les oreilles.




4. Autre réflexion : Le bébé de ma copine … pouet pouet etc..

Le bébé de la copine, ce n’est pas le vôtre. Chacun est différent et s’il est parfait c’est tant mieux. La copine n’y peut rien, mais on est content pour elle.Certains enfants sont étonnamment faciles, d’autres particulièrement rebelles, et la plupart moyennement cool. De toute façon, c’est sans mode d’emploi, ni repris, ni échangé. Il faut improviser. La plupart des parents s’en sortent vraiment bien.

5. Parfois je n’assume plus, je craque

(autrement dit « j’en ai marre de ce bébé, je voudrais m’en débarrasser ») C’est bien normal. Avant vous étiez tranquille et maintenant, il y a ce nouveau personnage qui dépend entièrement de vous et qui est parfois fort exigeant. Il y a de quoi craquer. Moi-même pédiatre, j’ai parfois pensé parfois que je pourrais "en vendre un" ! (mais on ne trouve pas d’acheteur pour un casse-pied) ou "le perdre dans la forêt" !(mais les gendarmes le rapportent et c’est le début des très très gros ennuis : évitez!!) . Alors, j’ai gardé tous mes enfants et je ne le regrette pas. Ça n’a pas été facile tous les jours. Sales gosses! Ils sont super!

6. Et le lait de vache de nos arrières grand-mères?

     En fait ce ne sont pas les mères qui se posent cette question , c'est moi, pédiatre nutritionniste qui me demande pourquoi on emploie si peu le lait de vache. Je suis sans doute un peu "influencé par la pensée unique", le marketing est très puissant !


Nos arrières grand-mères, c'est un peu loin pour nos bébés actuels. A ces époques, on allait encore au lavoir! Mais tout est discutable et possible. Vous trouverez peu de pédiatres suffisamment nutritionnistes et aussi un peu rebelles pour vous guider dans cette voie.  Il faut être au top de la nutrition, ou inconscient pour s'y lancer. C'est possible. Cela se faisait au début de mes études et personne n'en est mort mais c'est  un peu plus compliquéPour des raisons économiques, c'est parfaitement envisageable. 
On n'oubliera pas cependant que "le lait de vache, c'est fait pour les petits veaux". Il faut prendre des précautions.


7. Faut-il décalloter mon petit garçon?

Il y a deux écoles, et les autres:
1. Ceux qui décallotent: C'est barbare!
2. Ceux qui font confiance à la nature qui s'occupera et à l'enfant qui se débrouilleront très bien. C'est plus doux et aussi efficace.
3. Et les inquiets qui essaient doucement et multiplient ainsi les microcoupures du prépuce qui engendrent des petites cicatrices qui resserrent le bout et c'est le Phimosis!! Pure création humaine bien regrettable
Donc, on n'y touche pas



"Chaque enfant est différent. Ce n'est pas facile d'être parent. Mais on s'en sort,  ça marche. Heureusement qu'il n'y a pas de mode d'emploi car on ne pourrait pas toujours l'appliquer. L'improvisation raisonnée reste souveraine."


Références:
Les images "la pesée, les tétines, les petits biberons de laits, sont tirées du très beau livre de Marie Claude Delahaye: "Tétons et Tétines histoire de l'allaitement" Ed. Trame


Cette fois-ci il n'y a pas de références bibliographiques car c'est un article un peu en désordre," du vécu au quotidien" issu de mon expérience de pédiatre et de père.

pour trouver des références et pour en savoir plus:
 Le cordon ombilical, le placenta, la maman, le bébé.
L’allaitement au sein 
L’allaitement au biberon : quel lait choisir ?
Le lait de vache, c’est pour les petits veaux !
Diversification de l’alimentation du nourrisson.
Alimentation du bébé, les peurs, les craintes, le...

 

                      Mise à jour le 11 Octobre 2012

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jeudi 15 octobre 2009

Alimentation du bébé, les peurs, les craintes, les mères , les pères, les pédiatres


A propos du  témoignage d'Emilie "Le lait de vache, c’est pour les petits veaux"!, je développe un sujet sur les difficultés d’alimentation d’un bébé ainsi que les peurs qui s'y attachent.


Merci Emilie d’avoir précisé votre histoire.

Vous n’avez pas à vous défendre : Certains ne mangent pas de porc, d’autres sont anti  « lait de vache ». la seule chose importante est le bébé ; On peut vivre sans porc et sans lait de vache ; C’est simplement un peu plus difficile pour les pédiatres européens car nous sommes de la civilisation de la vache et du blé.
Les pédiatres ont un métier difficile et ne peuvent pas tout connaître. Soyez sympa avec les pédiatres : en plus des enfants, nous avons les mères et parfois les pères!

Pour rester simple et très caricatural, il existe pour moi en matière d'alimentation bien étudiée:

L’Europe : civilisation de la vache et du blé.
L' Asie : le riz,  le soja et le poisson avec Nuocmam qui pallie le manque de poisson pour les populations pauvres.
L'Amérique Centrale le maïs et les insectes.
L'Afrique du nord avec la farine de blé (le couscous) et une « Rouille » qui apporte les acides aminés manquants indispensables pour ceux qui mangent peu de viande.
Et bien d'autres endroits, mais je suis ignorant  hélas et toute ma vie ne suffira pas pour connaitre tout cela!

En Europe où tout semble accessible, se développent des craintes dirigées le plus souvent contre le lait de vache, le blé  à cause du gluten, les œufs et plus curieusement le poisson.
La peur du lait de vache vient peut être des mauvaises expériences de nos arrières grands mères qui ont vu leurs enfants mourir de « toxicose » lors de l’utilisation de ce lait.
La crainte du blé avec le gluten est moins fréquente heureusement,  mais au pire on peut utiliser les flocons d’avoines qui ne contiennent pas de Gluten ou la farine de maïs, le riz.
La crainte des œufs nous dérange moins car les œufs ne sont plus à la mode pour les bébés. C’est sans doute discutable, mais les modes se moquent de cela.

Ainsi, certaines mères ont des inquiétudes ou des désirs particuliers. Notre rôle  de pédiatre est de comprendre l’origine de ces situations, d’expliquer ce qui est compréhensible et de se débrouiller avec l’irrationnel. On ne peut guère lutter contre l'irrationnel.
Le prototype de l’irrationnel est le schizophrène:
Lorsqu’un schizophrène me dit : « Il y a des cameras dans mes jambes » je n’essaie pas de le convaincre de son erreur et je réponds : « j’entends que tu me dis qu’il y a des caméras dans tes jambes »
C'est un exemple excessif: les mères ne sont pas schizophrènes, mais seulement attentives voire inquiètes.


Emile dit :
« en fait je n' ai pas pu allaiter .. j ai donc du me résoudre au biberon et j ai donné du lait en poudre a mon fils qui se tordait dans tous les sens a chaque biberon , j' ai parlé souvent de mon refus de donné du lait de vache même maternisé a mon fils et personne ne m a comprise , enfin en même temps je cherchais pas a être comprise , mais juste écoutée ... »

En effet il faut écouter les mères. Il existe d’autres laits que le lait de vache :le lait de chèvre (qui n’est pas mieux) le lait de jument ou d’ânesse qui reste difficile à trouver et dont on n’est pas toujours certain de la qualité, le lait de soja qui est très utilisé quoique un peu passé de mode depuis que les vaches ne sont plus folles.

Emilie dit :
.. il n a jamais ete malade , jusqu a la visite des 6 mois ou mon fils avait perdu 100Gr .. et la donc moralisation , je nourrissait mal mon fils etc etc ...
...

Il ne faut pas se focaliser trop sur le poids qui peut varier de 300 à 500 gr en plus ou en moins, selon que la vessie, l’intestin, l’estomac est plein ou vide. C’est le comportement et l’aspect de l’enfant qui est important. Si l’enfant va bien, il grossira le mois suivant.
Les mères sentent cela souvent très bien.


Emilie dit :
j ai donc redonné du lait de vache maternisé .. de nouveau mal de ventre , il ne dormait plus en journée , il a enchainé sur une rhino pharingite qui s est aggravé en otite ..

Le lait de vache maternisé est simplement du lait de vache écrémé, avec des graisses végétales plus dé-saturées et plus de lactose. Il a un moment été presque abandonné car il donnait beaucoup de coliques.
Cependant, je ne pense pas que le lait maternisé soit responsable des rhinopharyngites ou des otites.

Les rhinopharyngites sont liées à des rhinovirus (50 à 60 espèces). Il faut s’immuniser, en général avant 3 ans. Les otites sont fréquentes en période automno-hivernales surtout en collectivités.


Emilie dit :
un osteopathe specialisé dans la nutrition , il m a ecoutéattentivement , m a expliqué mes erreurs , mais a aussi ecouter mes envies .. on est passé au lait de jument...

Bravo, l’ostéopathe qui a su écouter et comprendre le problème d’Émilie (et de son bébé)

Ce témoignage illustre les peurs et les difficultés bien légitimes des mères.

Il est difficile parfois pour nous pédiatres qui avons été formé de manière classique, de répondre à ces attentes parfois déroutantes, mais c’est aussi notre rôle.  Ce témoignage rappelle l’importance d’écouter et l’erreur de croire qu’on peut convaincre là où n’est pas la demande.

Écoutons et répondons à la question posée : C’est ainsi que l’on fait pour les expertises.


Nous avons l'impression de manger de plus en plus mal, de vivre dans la pollution, d'être cerné pas toutes sortes de dangers . Cependant l'espérance de vie n'arrête pas d'augmenter, mais pour combien de temps?
La planète se réchauffe, la corruption se banalise, le danger nucléaire se disperse.
Malgré tout :"La vie est belle" 

Voir aussi

L’allaitement au sein
L’allaitement au biberon : quel lait choisir ?
Diversification de l’alimentation du nourrisson.

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dimanche 20 septembre 2009

Diversification de l’alimentation du nourrisson.

La diversification de l’alimentation du petit bébé se discute vers l’âge de 3 à 5 mois. Pour l’enfant nourri au sein, elle peut être reportée car le lait maternel suffit jusqu’à 12 ou 18 mois.

La diversification subit des effets de mode. Pendant longtemps, certains l’on retardée au maximum pour éviter les allergies tandis que d’autres plus rares s’appuyant sur le concept de la « tolérance immunitaire » diversifiaient plus tôt.
La tolérance immunitaire fait référence à une période où l’enfant va presque tout accepter sans souci.

Comment savoir ? Seule l’expérience et l’Histoire permettent de s’orienter. On a autant de conseils que de grand-mères, de pédiatres, d’experts.

Je suis un pédiatre (nutritionniste durant 8 ans) situé entre les grand-mères et les experts :
les grands-mères ont nourri leurs enfants dont on connaît la santé. Les experts ont fait beaucoup d’études qu’ils présentent à de grandes réunions (congrès) le plus souvent financées par l’industrie agro-alimentaire. Je préfère souvent l’avis des grand-mères à celui des experts.

Beaucoup disent que le lait en poudre exclusif convient jusqu’à 6 mois. C’est sans doute vrai, mais si cela convient, ce n’est pas pour autant indispensable. Cette affirmation est discutable, car le lait en poudre ou en brique est cher.  Beaucoup de gens sont dans des situations précaires, il faut en tenir compte.

En pratique comment diversifier ?
Les grands principes :
1. Il faut aller doucement, un seul aliment à la fois et observer quelques jours.
2. Il est préférable pour éviter les allergies de donner aux enfants les aliments que leurs ancêtres ont mangés depuis 500 ans. Ainsi les petits européens éviteront les fruits exotiques surtout les fruits de la passion, ainsi que les cacahuètes. Les asiatiques mangeront aussi du soja et des papayes, les noirs africains ne craignent pas les arachides, le manioc.

A 3 ou 4 mois on peut donner :  


  des légumes à midi bien cuits et mixés :
 carottes,



pommes de terre,













courgettes,


d’abord une ou deux cuillères à café puis 50 a 130 grammes faits maison, ou en petits pots, ou surgelés.











Des fruits de nos ancêtres au goûter:

Pomme, poires, coings, en compote, puis banane écrasée très bien supportée.



On complète le repas avec un laitage (biberon) parfois réduit, si l’enfant a moins faim.


A 5 mois :
Il est utile d’apporter du fer, car hormis le lait maternel, le reste de l’alimentation est carencé. Le meilleur fer est celui de la viande. Il est bien absorbé. On commencera donc avec une cuillère à café de

poulet, dinde ou jambon finement mixé mélangé aux légumes.

On peut compléter par un yaourt nature avec un peu de sucre ou de confiture pour donner du goût. Les yaourts d’adultes brassés ou non, font très bien l’affaire. Il est inutile d’acheter à fort prix des aliments pour bébés. Les petits suisses nature font aussi l’affaire. Mais ils sont plus égouttés que les yaourts et donc plus riches. On ne les sucrera pas trop.



Apports de Calcium:

Le lait 1er ou 2eme âge, ou dit "de vache", comme si les autres n'en étaient pas, les yaourts sont similaires pour les apports de calcium. Le gruyère, c'est du lait concentré apportant 8 fois plus de calcium, il faut 8 litres de lait pour en faire un Kg. Quand on donne du yaourt, on peut diminuer d'autant la dose de lait. On ne donnera pas trop de gruyère (dans la purée) car il est riche en sel.

Dans tous les cas, on tient compte de l’appétit de l’enfant. Quand il n’en veut plus, on arrête. Seuls quelques enfants très voraces doivent être tempérés si leur poids s’envole.


Les autres étapes de la diversification sont sujettes à discussion :

Le poisson, l'œuf (blanc et jaune 1/4) d'abord cuit dur, sont introduits traditionnellement vers 7 mois en remplacement de la viande ce jour là.
Le chocolat vers 7 mois aussi. Pour celui ci c'est très variable!

Vers 9 mois ou un an, on peut employer sans souci du lait de vache stérilisé, demi écrémé en le diluant avec un tiers d'eau car il est trop riche en protéines ( 40 gr par litre) et en rajoutant des céréales qui apportent des calories et des acides gras dénaturés. On a ainsi  un "genre de lait de croissance maison " très économique. Et comme bébé boit parfois l'eau de son bain dans lequel il a fait pipi, on peut lui donner de l'eau du robinet , si on ne l'avais pas déjà fait depuis la naissance.


Mais on peut très facilement l'adapter  pour l'utiliser dès 9 mois sous la forme de:

Le lait de croissance-maison : utilisé avec succès pendant 25 ans à mon cabinet:
Lait de vache demi écrémé, stérilisé, pasteurisé ou bouilli
dilué jusqu'à 2 ans  (1/3 d'eau et 2/3 de lait)
enrichi d'une farine pour bébé: une cuillerée dose pour 50 ml  de lait (dans un biberon de 200 ml on met donc 4 doses).
Cela fait parfaitement l'affaire. Et c'est  6 à 10 fois moins cher. Pourquoi dépenser plus pour le même résultat .


Avant 2 ans : il faut éviter les coquillages filtrants (moules, huitres) ainsi que les crustacés (crevettes …), les fruits de la passion, les cacahuètes que l’on trouve dans les « Curly », certains ajoutent les Kiwi et le miel.

Après 2 ans, il est illusoire de vouloir interdire quoi que ce soit, sauf chez certains enfants allergiques ou intolérants.


"Bon appétit : Le repas est un moment de calme et d'échange"

Images Wikipedia sauf poulets (Dr gamin)

Voir aussi: 
L’allaitement au sein
L’allaitement au biberon : quel lait choisir ? 


                               mis à jour le08/01/2017

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jeudi 3 septembre 2009

Le lait de vache, c’est pour les petits veaux !

Il existe des différences essentielles entre l’Homme et la vache :
L’Homme en apparence n’a pas de cornes ! (en général)
L’Homme est un omnivore. La vache est végétarienne
L’Homme ronchonne. La vache rumine. Ceci est important.


La laitière. Johannes Vermeer (Rijkmuseum, Amsterdam) (XVIIème siècle)


Entre le lait humain et le lait des autres mammifères, tout diffère :

Les protéines : 40 g/litre chez la vache contre 12 à 20 g seulement chez l’humain. Car le petit veau atteint sa taille adulte vers un an.

Les graisses : 40 g/litre dans les deux espèces, mais elles sont très différentes. La rumination qui facilite le travail des bactéries dans le rumen de la vache sature les graisses présentes dans l’herbe. Ainsi les animaux ruminants ont des graisses très saturées, nocives à long terme pour l’homme.
(Le lait des baleines et des autres mammifères marins vivant en eau froide contient 50% de graisses qui apportent au baleineau l’énergie pour survivre dans ces lieux hostiles.)

Les Sucres: aussi sont différents. Le principal sucre du lait est le Lactose 40 g/l chez la vache, 70 g/l chez l’Homme. IL existe encore des mystères concernant ce sucre ; C’est dans le lait humain qu’il est le plus abondant, chez le cheval on en trouve 50 G /l et chez l’otarie 0 g /l. Il semble exister une relation inverse très forte entre la maturation du cerveau à la naissance et le taux de lactose. L’Etre humain a un cerveau très immature à la naissance ; Son autonomie physique est nulle tandis que l’otarie possède déjà un cerveau de capacité proche de l’adulte. La vache est intermédiaire et le cheval un peu moins mature.
Curieusement cependant, la suppression du lactose de l’alimentation de certains nourrissons ne semble pas entrainer de troubles du développement ni aucune pathologie. Le lactose est un dimère formé d’une molécule de Glucose (le sucre du raisin) très répandu associée à une molécule de galactose sucre présent uniquement dans le lait et que l’Homme ne sait pas fabriquer ; on appelle ce genre d’élément un élément « essentiel » en biologie. Pourquoi le lactose est –il si abondant dans le lait sans qu'on puisse facilement lui trouver une utilité? La Nature ne s’encombre habituellement pas d’objets inutiles. Bizarre !

Le caractère « Ruminant » de la vache a une conséquence capitale :

Pour que la digestion d’un ruminant soit efficace, il faut que son rumen soit un nid à microbes, parasites, champignons, virus qui « digèrent » l’herbe mâchée. Le lait de vache favorise le développement des microbes dans l’intestin du petit veau, ce qui lui permettra de ruminer efficacement ensuite. Il facilite donc les infections. Tous les producteurs de lait connaissent parfaitement ce problème et le combattent dès la traite. Ceci explique pourquoi le lait de vache se conserve mal à l’état naturel. Il faut le réfrigérer, le pasteuriser ou le stériliser. Le lait de jument ou d’ânesse, animaux non ruminants, est moins dangereux mais rare.

L’intestin humain fonctionne différemment. Il contient beaucoup moins de bactéries. Le lait maternel est plutôt stérilisant. Il facilite le développement d’une flore très différente.

Le lait maternel contient également des sucres complexes, assez mystérieux, du Fer très assimilable, des anticorps et des cellules immunocompétentes ainsi qu’une foule de composés dont l’utilité reste à préciser.

On comprend vite que chaque espèce de mammifère a « son lait », résultat d’une adaptation durant plusieurs millions d’années . Et, jusqu’à preuve du contraire, la sélection naturelle favorise « le meilleur ».

Par un travail de haute volée, les industriels ont adapté le lait de vache à l’homme ce qui rend bien des services même si ce n’est pas parfait.

Utilisation du lait de vache chez les nourrissons :

Une première tentative "sérieuse" semble a lieu vers 1780 à l’Hôpital des enfants trouvés à Paris (Saint Vincent de Paul, maintenant). En raison de la pénurie de nourrices, on fait venir une vache. Les bébés meurent presque tous de gastroentérite en raison de la contamination du lait. Mais cela continuera longtemps.
Les campagnes pour abandonner ces pratiques sont violentes :











Affiche de la Croix Rouge américaine

Il a faut attendre la pasteurisation pour donner aux enfants du lait propre. Cela prend du temps et l’utilisation courante du lait de vache est effective après la Grande Guerre (14-18)


"Le lait humain, c’est pour les petits bébés
Le lait de vache, c’est pour les petits veaux"


Mais on peut très facilement l'adapter  pour l'utiliser dès 9 mois sous la forme de:

Le lait de croissance-maison : utilisé avec succès pendant 25 ans à mon cabinet:
Lait de vache demi écrémé, stérilisé, pasteurisé ou bouilli 
dilué jusqu'à 2 ans  (1/3 d'eau et 2/3 de lait) 
enrichi d'une farine pour bébé: une cuillerée dose pour 50 ml  de lait (dans un biberon de 200 ml on met donc 4 doses).
Cela fait parfaitement l'affaire. Et c'est  6 à 10 fois moins cher. Pourquoi dépenser plus pour le même résultat .


« Dit Papa, et le lait des pingouins c’est comment ? » R : C’est mal étudié et puis les pingouins ça n’a pas de lait. T’as déjà vu un bébé pingouin qui tète? C’est la rentrée, tu demanderas à la maitresse »
PS : Le Dr Gamin indique qu’il n’y aura pas de sujet sur le lait de pingouin mais il répondra s’il y a des questions. « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme » Cependant il faut nuancer car en 2012, on a trouvé du lait dans le gosier de certains oiseaux !!

Références :

Dr Gamin : L’allaitement durant la première année de la vie (Mémoire)
Marie-Claude Delahaye : Tétons et tétines, histoire de l’allaitement. Ed. Trame way. C’est un livre extraordinaire.
Pour la science : L’évolution Rien ne l’arrête ! (Dossier- avril-Juin 2009)
Pr. Henri Lestradet : communication personnelle
The Pediatric Clinics of North America : Breastfeeding I et II, N° 48 1 et 2 févr. et Av. 2001 Ed. Saunders

Voir aussi:
L’allaitement au biberon : quel lait choisir ?
L’allaitement au sein
Diversification de l’alimentation du nourrisson. 

Mots clés: alimentation, animal, baleine, Homme, Mère, infection, lait, nourrice, nourrisson, Nutrition, otarie, ruminant, vache


                               mise à jour le 08/01/2017

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lundi 31 août 2009

L’allaitement au sein


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Vous attendez un bébé, comment le nourrir ?
Cette série abordera en plusieurs chapitres les thèmes suivants :
L’allaitement au sein
Comparaison des différents laits animaux ou, pourquoi le lait humain est il mieux adapté à l’Homme ?

L’allaitement au sein :
En France, contrairement à la plupart des autres pays, l’allaitement au sein n’a pas la cote.

C’est une histoire très ancienne qui remonte à plus de deux siècles :
Il y a fort longtemps, on avait recours à des « nourrices » pendant deux ou trois ans avec un résultat parfois catastrophique. L’allaitement au sein restait de toute façon le seul moyen de survie des bébés. La femme, en particulier au XIX ème siècle avait, dans les milieux huppés, un statut de « représentation ». Actuellement on dirait « femme-objet ». Cette histoire a perduré et reste sans doute l’une des raisons de la mauvaise vogue de l’allaitement au sein.
De grands efforts souvent maladroits ont été faits pour l’encourager. Le plus maladroit se manifeste lors de l’accouchement : on fait parfois pression sur la maman pour qu’elle donne le sein. Parfois, elle s’y résout et c’est le plus souvent un fiasco.
Car la décision de nourrir son enfant au sein est prise bien souvent très tôt, soit avant, soit au début de la grossesse.

Les raisons avancées pour ne pas allaiter sont multiples :
« Cela ne me disait rien », « j’ai vu ma mère, ma tante … c’était affreux », « je ne voulais pas ressembler à une vache à lait », « c’est mauvais pour les seins ». « Ce n’est pas pratique on ne peut rien faire, on est bloqué chez soi. »

Les raisons pour allaiter sont plus simples :
« Je ne sais pas, c’est comme ça, quand on a un enfant… », « Je n’y ai pas pensé, c’est naturel », « c’est meilleur pour l’enfant » «c’est pratique on peut aller partout » et plus rarement ;
« J’ai lu, j’ai regardé sur Internet et j’ai pensé que c’était mieux »

Il faut arrêter de stresser les mères avec ces histoires d’allaitement. Une mère doit allaiter si elle le souhaite, sinon elle donnera des biberons. Les fabricants de lait font de très bons laits pour les bébés.

La maman choisit donc d’allaiter :

Cet allaitement ne se fait pas toujours sans difficulté. Il faut aider la maman. Une consultation chez le pédiatre une semaine à 10 jours après la sortie de maternité est très utile.

Principales informations utiles lorsqu'on allaite :

Il n'y a pas de bonne méthode pour allaiter. Touts les méthodes sont bonnes si l'enfant et la maman sont contents. Par contre, s'il y a un souci, on peut se rapprocher d'un système classique.









Ayez une montre molle, plus souple car Bébé vit à son rythme

1. La mode est à l’allaitement à la demande, mais il faut nuancer car le bébé demande à téter sans arrêt et la maman se fatigue. J’explique donc que c’est en effet « à la demande » mais « à la demande des deux ». Il faut négocier. Si Bébé a bien tété, il attendra … l’heure de la tété suivante.

2. La composition du lait varie au cours d’une tétée. Au début «c’est de l’eau », cela désaltère, à la fin «c’est de la crème », cela nourrit. Pour se nourrir, il faut téter "la crème", avoir faim. Il faut donc attendre un peu entre deux tétées. L’intervalle est variable et sans grande importance entre 2 et 12 heures. Si Bébé a faim, il tétera bien, l’eau, puis la crème et il sera rassasié pour un moment. Et quand on tète, on tète, on ne discute pas, on ne raconte pas sa vie. «Bébé, on ne parle pas la bouche pleine ! »

3. On ne réveille pas un bébé qui dort. « Mais on ne dort pas en mangeant ! »

4. Il faut faire des tétées courtes : 10 minutes pour un sein, un quart d’heure pour les deux . L’enfant prend presque tout durant les cinq premières minutes. Le reste, c'est de la relation mère enfant, c'est personnel. Cette façon de faire, ménage les seins et donne plus de temps à la maman, pour faire des câlins ou autre chose. Et quand on tète, on tète, on ne discute pas, on ne raconte pas sa vie. « Quand c’est l’heure c’est l’heure ! »

5. On ne pèse pas Bébé pour savoir ce qu’il prend. On observe le double menton, les cuisses, l’aspect général.

6. La maman allaitera le temps qui lui conviendra : une seule tétée parfois -c’est un début- et le premier lait contient 50% d’anticorps, un jour, une semaine ,3 mois, deux ans. Il est inutile de décider à l’avance. Quand ça ne va plus, on arrête. Ainsi, la maman reste sur une bonne impression. Comme elle sait qu’elle peut arrêter à tout moment, elle ne stresse pas.

Plus tard elle racontera à ses amies qu’elle a allaité à son rythme et sans doute celles-ci allaiteront plus sereinement.


Une mère doit allaiter seulement si elle le souhaite.


Image: Montre molle S.Dali:

"La montre molle est une invention de Salvador Dali, particulièrement adaptée aux horaires souples et aux journées élastiques, mais inutilisable quand les temps sont durs."
Marc Escayrol


Voir aussi
L’allaitement au biberon : quel lait choisir ?
Le lait de vache, c’est pour les petits veaux !

Diversification de l’alimentation du nourrisson.

 Mots clés: alimentation, mère, allaitement, nourrisson, Nutrition, sein, tétée




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dimanche 30 août 2009

L’allaitement au biberon : quel lait choisir ?

 
L’allaitement au biberon est également appelé « allaitement artificiel ». Ceci est abusif car le lait en poudre n’a rien d’artificiel. Certes ce n’est pas un mode aussi naturel d’alimentation que « donner le sein » mais cela fonctionne très bien dans les pays riches où l'achat de poudre ne ruine pas la famille et où l'eau est de qualité.
Quelques informations :
Le lait en poudre, c’est du lait de vache, modifié car le lait de vache c’est pour les petits veaux. (voir le chapitre consacré à ce sujet)
Le lait est écrémé pour supprimer les graisses saturées nocives qui sont remplacées par des graisses végétales. Le taux des protéines est diminué pour se rapprocher du lait humain. Le taux de lactose (« sucre » du lait au goût non sucré) est adapté pour une meilleure tolérance.
La composition des laits pour nourrissons est très encadrée (par la loi) et très surveillée .
La technologie de fabrication des laits est complexe. Ainsi, malgré l’abondance des marques il n’existe en Europe que 5 ou 6 fabricants, d’envergure le plus souvent internationale. Ils ont tous soumis aux mêmes règles.
Quel lait choisir ?
Vaste question
Il existe beaucoup de laits tous faits à partir de poudre de lait de vache (près de 200 marques!) dont les différences sont modestes :

 Les "laits" de relais avec l'allaitement maternel. Sont-ils utiles ? J'ai un doute. On s'en passait très bien avant.
Les laits 1ers et 2 eme âge de base. Ils se ressemblent tous et ont la même composition. On peut choisir en fonction du prix, de la disponibilité chez son vendeur ou de considérations personnelles. Bébé ne verra pas la différence. Ils conviennent à la plupart des bébés
Les laits « confort » ou « AR » = antireflux . Ils sont épaissis pour éviter les remontées de laits. Ils ne sont justifiés qu’en cas de reflux important. Ils peuvent parfois constiper l’enfant ce qui n’est pas mieux .
Les laits « transit » pour les bébés constipés. Souvent riches en lactose, ils peuvent entrainer des « coliques ».
Les autres : il y en a tellement que moi-même pédiatre avec une longue formation en nutrition, j’ai de la peine à suivre.
.Laits de soja : très en vogue à l’époque de la « vache folle » ils sont passés de mode.      

NB: Les laits de Soja ou de Riz, en brique ne contiennent  pas  naturellement du calcium, sauf si le fabricant en a ajouté. Il faut vérifier. L'appellation "lait" est ici une escroquerie!! dangereuse: prudence à tout âge.
.Laits pour bébés goulus ! C’est un peu comme si on nous donnait de la "choucroute enrichie" si on a très faim!! Pourquoi compliquer? si on a faim on mange plus.
.Lait HA ou hypoallergéniques : un bon concept au départ mais un fiasco car ils provoquent plus de coliques, sont chers et pour un bénéfice discutable. Utiles pour des compléments épisodiques en cas d’allaitement maternel.
 .Le lait "dit de Riz" adapté au bébé, ne nécessite pas d'hydrolyse des protéines du riz car il n'y a pas d'allergie croisée avec celle des vaches. Il mérite d'être essayé en cas d'allergie, car il est souvent bien toléré et beaucoup moins cher.
.Laits fortement hydrolysés sont réservés à la prescription médicale pour des pathologies particulières. 

 .Les laits d'autres animaux sont d'emploi plus difficile car ils sont soit rares ou d'une composition trop variable. Le lait de jument souvent cité, est rare et cher car la jument est délicate à traire et ne fournit que 200 ml à chaque traite.


On Choisira donc le plus souvent un lait 1er ou 2 ème âge de base. On peut changer de marque mais pourquoi, si Bébé est content.


Pour les grands, dont la nourriture est variée. à partir de 9 ou 12 mois:

Le lait de croissance-maison : utilisé avec succès pendant 25 ans à mon cabinet:
Lait de vache demi écrémé, stérilisé, pasteurisé ou bouilli
dilué jusqu'à 2 ans  (1/3 d'eau et 2/3 de lait)
enrichi d'une farine pour bébé: une cuillerée dose pour 50 ml  de lait (dans un biberon de 200 ml on met donc 4 doses).
Cela fait parfaitement l'affaire. Et c'est  6 à 10 fois moins cher. Pourquoi dépenser plus pour le même résultat .

Les "laits de croissance" du commerce sont en réalité excellents pour la croissance de la trésorerie des fabricants dont la puissance marketing est grande !!I ls sont enrichis en Fer qui est mal absorbé et en vitaminé C que l'on trouve partout dans l'alimentation.e.Mais beaucoup de personnes préfèrent la facilité apportée par ces laits, malgré leur prix incompréhensible.Les laits de croissance sont une brillante réussite commerciale !!



Quoiqu’il en soit il reste préférable, si on le peut, de choisir l’allaitement au sein, qui est plus économique, plus pratique (85 % des mères le disent) et sûrement meilleur pour le bébé


voir aussi:
Le nouveau né : les premiers jours à la maison 
L’allaitement au sein
La diversification de l'alimentation
Le lait de vache, c’est pour les petits veaux !
           
                                             Mise à jour le 19/03/2017

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